C’est une histoire qui remonte au Xe siècle. En 935, une grande bataille s’est déroulée sur ces lieux même entre deux familles : celle qui régnait sur le Cotentin, menée par Guillaume Longue Épée, et celle de Robert le Danois. La première famille a gagné, et grâce à cette victoire, la Normandie a conquis son indépendance. Bien qu’on manque de documents, il est probable que plusieurs châteaux se soient succédé sur ce site. Beaucoup plus tard, en 1651, il s’est produit un événement fondateur : Alexandre de Créqui, frondeur et ami du prince de Condé, est exilé par Mazarin, qui gouverne la France pendant la minorité de Louis XIV. On le condamne aussi à résidence. Créqui décide alors de se faire construire un palais magnifique qui lui rappellerait ces fastes de la Cour que jamais plus il n’allait connaître.
On suppose qu’il s’est adressé au meilleur architecte et au meilleur jardinier, car les seuls documents qui nous sont parvenus sont deux plans attribués à Lenôtre. Malheureusement, faute de charge à la Cour et devenu un paria, Créqui est mort ruiné. C’est son neveu, le marquis de Mailloc, qui hérita de ses dettes et de son patrimoine. Champ de Bataille ne l’intéressait sans doute pas, car il ne s’y est pas installé et n’a pas engagé de travaux.
À sa mort, il légua le château à son neveu Anne-François d’Harcourt, duc de Beuvron et gouverneur de Normandie. Celui-ci, au contraire, fit de Champ de Bataille sa résidence principale, décidé à montrer sa puissance et son pouvoir. À cette époque, le château était très délabré et les décors du XVIIe siècle malheureusement irrécupérables. D’Harcourt entreprit alors d’énormes travaux pour rétablir les fastes d’antan. Mais la Révolution a interrompu cette tâche gigantesque, qui est restée inachevée.
Comme beaucoup de maisons nobles à cette époque, le château fut pillé, puis abandonné pendant de longues années. Au retour de la monarchie, le domaine fut vendu et il passa de main en main durant tout le XIXe siècle. Personne ne s’est soucié d’y faire des travaux importants, et le château a été simplement maintenu dans ce que l’on appelle un état « hors d’eau ». Il restait donc beaucoup à faire pour lui redonner sa magnificence d’autrefois.
C’est Jacques Garcia, l’actuel propriétaire, qui a repris cette charge difficile en 1992. Elle est maintenant accomplie, et il souhaite aujourd’hui vous faire partager cette expérience exceptionnelle.
A propos du Champ de Bataille, Jean de La Varende écrivait : « Ici règne l’ampleur. Le décor n’intervient qu’après la déclaration de puissance. » Cette idée a guidé Jacques Garcia lorsqu’il a recréé, à partir de rien ou presque, des jardins qui sans doute avaient été somptueux, mais dont le temps avait effacé jusqu’à la dernière trace.
Ces rares éléments d’époque ont été restitués scrupuleusement ; et pour le reste, ce sont eux qui ont donné la mesure et la tonalité des nouveaux jardins. Rejetant l’option d’une reconstitution anachronique de jardins français à la mode du Grand Siècle, Jacques Garcia devait prendre d’emblée le parti d’une œuvre contemporaine puisant à la source antique. L’inspiration du moment dans les formes de toujours : tel aura été le principe directeur d’un parc résolument actuel, éclos dans le cadre d’une structure classique.
L’ensemble représente la Vanité en deçà de la Matière.
Le grand axe des nouveaux jardins peut être considéré, par ceux qui le souhaitent, comme une évocation des différents degrés reliant l’univers matériel (corps de logis) vers l’univers immatériel.
Ces plans distincts sont : le degré minéral, le degré végétal, le degré animal, le degré de l’humanité, le degré de la conscience, le degré de la lumière, le degré de l’esprit.
L’axe transversal évoque le fini et l’infini, l’intériorité à droite du grand axe, l’extériorité à sa gauche.
L’intérieur du château est aussi à visiter.
Il est possible d’y trouver des pièces de toute beauté, à visiter avec un guide ou librement avec plan et audio guide.
A l’intérieur vous pourrez visiter les grands appartements composés :
- Du vestibule d’honneur et l’escalier
- Salle des gardes ou salon d’Hercule
- Cabinet de porcelaine
- Salon Louis XV
- Chambre de parade
- La grande salle à manger
- Le salon de compagnie
- Le billard
Récemment un salon de thé a été ouvert au public.
LES TARIFS :
Pour une visite des jardins libre (avec plan)
Adultes : 12 €
De 6 à 12 ans : 8 €
Moins de 6 ans : gratuit
Visite traditionnelle (Grands appartements avec audio guide, jardins avec plan et texte)
Adultes : 24 €
De 6 à 12 ans : 15 €
Moins de 6 ans : 5 €
D’autres tarifs sont consultables sur le site internet du château et notamment pour les groupes.